Un bot, c'est un joueur contrôlé par l'ordinateur et censé se comporter exactement comme un joueur. C'est le premier Unreal qui a ouvert de manière officielle le bal en proposant en standard des bots pour sa partie multijoueurs, du reste bien trop imparfaite au moment de la sortie du jeu.
Entre-temps, The Tournament et Quake III Arena ont pris le relais. Si les bots de The Tournament sont très réussis, notamment pour le jeu en équipe, ceux de Quake III Arena ont été unanimement condamnés pour leurs talents télépathes et leur précision diabolique, à l'ascendant déprimant.
Avant, seuls des passionnés avaient eu la géniale idée de se pencher sur la question, en développant pour Quake II ou Half-Life des bots plus ou moins convaincants.
Mine de rien, programmer un bot est particulièrement complexe. Il faut tout d'abord s'assurer que ses déplacements seront cohérents au sein d'un niveau, qu'il ne restera pas bêtement planté contre un mur pendant toute une partie par exemple.
Voire qu'il sera capable de repérer les passages importants d'un niveau, comme les endroits contenant des munitions, les passages dangereux ou les culs-de-sac. Quake III Arena a résolu astucieusement la question en imposant à ses bots des patrouilles en boucle dont, en fonction des niveaux, ils s'éloignaient plus ou moins. En gros, il suffisait d'en attendre certains à un point précis pour les déchiqueter d'un coup de railgun bien placé. Frustrant. Pour Counter-Strike, la programmation d'un bot est particulièrement complexe.
D'abord parce qu'il s'agit d'un jeu en équipe. Programmer un comportement isolé n'est déjà pas simple, mais coder des notions telles que le tir de couverture ou la progression à deux, voire une embuscade, est franchement ardu. Ensuite parce que c'est aux joueurs d'acheter leurs armes. Et là, c'est la panique : certaines armes comme le fusil à pompe, surtout efficace à bout portant, sont plus propices à certaines cartes que d'autres.
Pire encore, l'arme choisie doit dépendre de celles sélectionnées par son équipe : évidemment, si tout le monde choisit le fusil de sniper...
Enfin, dernière difficulté de taille : la plupart des cartes reposent sur une zone d'affrontement centrale située à mi-chemin des points de départ des deux camps, que des chemins détournés permettent de contourner astucieusement. Autant de caractéristiques stratégiques difficiles à gérer, même pour des joueurs humains !
Alors si en plus il est question de désamorcer une bombe, de la poser, de la récupérer sur un cadavre, de sauver des otages ou de les protéger, voire de les déplacer... la tâche devient presque impossible à réaliser.
Face à toutes ces difficultés, les deux programmes gratuits ici testés dans des versions non définitives ont choisi deux approches opposées : l'approche ciblée sur un niveau précis avec Android Bot et l'autre plus généraliste pour Real Bot.
·Petit bilan provisoire
Evidemment, ces trois programmes n'en sont qu'à un stade encore peu avancé de leur développement. Ils souffrent tous trois de carences communes : il est impossible de donner des ordres aux bots, une véritable gageure pour un jeu en équipe comme Counter-Strike.
Ils ne sont pas non plus capables de remplir seuls les objectifs d'une mission (à l'exception notable de PodBot), qu'il s'agisse de placer une bombe, de la désamorcer ou de sauver des otages. Pour le reste, chacun à leur manière, ils ont tout compris : les combats sont intéressants, surtout pour Android Bot et PodBot, les surprises en situation de jeu abondent.
Ces trois programmes ont déjà atteint un très bon niveau : PodBot est le meilleur à condition de télécharger les waypoints pour toutes les cartes, Android Bot est limité à trois malheureuses cartes mais propose un très bon niveau de jeu tandis que Real Bot est le plus polyvalent mais aussi le moins complexe.
Entre les trois, mieux vaut quand même choisir PodBot : Android Bot est très limité pour l'instant et Real Bot donne trop de mauvaises habitudes au joueur tout en souffrant d'imperfections vraiment gênantes.
Il n'empêche, ces trois programmes sont encourageants. Ils permettent d'élargir le public de Counter-Strike et de le faire découvrir aux joueurs n'ayant pas de connexion Internet. Ils peuvent aussi compléter une partie Multijoueurs qui autrement aurait été un peu vide, à condition d'être installés sur tous les ordinateurs. Pour les gros débutants, ou pour tous ceux qui ne peuvent pas se permettre d'engraisser France Télécom, ils servent également d'entraîneurs convenables.
Tous ceux qui ont un niveau débutant ou moyen y trouveront largement leur compte. Les autres, ceux qui ont déjà un bon niveau, devront jouer seuls contre plusieurs bots pour y trouver un vrai challenge et ce même avec le niveau de difficulté maximal.
Mais vu que l'ensemble est gratuit, que les développemenst sont toujours en cours et que telles quelles ces versions sont déjà largement jouables, inutile de faire la fine bouche : Real Bot, Android Bot et surtout PodBot méritent d'être essayés. Vivement les versions finales !